



 |
Les anti-vitamines K
• Recommandations
• Tableaux
Utilisations
des Antivitamines K en pratique médicale courante
Les antivitamines
K (AVK) sont les seuls traitements anticoagulants oraux utilisables
en thérapeutique courante. Cinq antivitamines K sont actuellement
disponibles en France:
- 2 dérivés de lindane-dione: la phénindione
(Pindione®) et la fluindione (Préviscan®)
- 3 dérivés de la coumarine: lacénocoumarol
(Sintrom®), le tioclomarol (Apegmone®), et la warfarine
(Coumadine®). Dans certains pays Européens, la phenprocoumone
(Marcoumar®) à longue durée de vie, est utilisée.
Les données cliniques de la littérature, depuis 20
ans, ne concernent pratiquement que la warfarine.
Le nombre de patients sous AVK n'est pas connu avec certitude.
Nous avons essayé de le calculer en tenant compte des éléments
suivants obtenus grâce à l'aide des laboratoires qui
commercialisent ces médicaments: nombre de comprimés
et boîtes vendus chaque année en France, dose moyenne
quotidienne, et durée moyenne de traitement. Les calculs
effectués permettent d'estimer à 580 000 le nombre
de patients traités. Ces chiffres qui correspondent à
1% de la population sont en accord avec les estimations faites en
Suisse et en Italie.
La fluindione est de loin l'AVK le plus prescrit (77%), devant l'acénocoumarol
(16%), la warfarine ne représente que 3 à 5% des prescriptions
alors qu'elle est l'antivitamine K le plus utilisé dans les
pays anglo-saxons
Les indications thérapeutiques se répartissent en
France de la façon suivante: les maladies cardiaques non
ischémiques représentent 41% des prescriptions, les
maladies thromboemboliques veineuses 14% et enfin les cardiopathies
ischémiques 13%. Le reste des indications (31%) correspond
à des pathologies diverses.

Quel
AVK choisir et comment le prescrire ?
Le mode d'action de tous les AVK sur la coagulation est identique:
ils diminuent la concentration plasmatique des facteurs vitamine
K-dépendants. La vitesse d'action sur les facteurs est fonction
de la demi-vie plasmatique d'élimination de chaque facteur.
Pour chacun deux, le plateau déquilibre est observé
après 4 à 5 demi-vies: entre 1 jour pour le facteur
VII dont la demi-vie est de 4 à 6 heures et 1 semaine pour
le facteur II dont la demi-vie est d'environ 60 heures. Leffet
antithrombotique des antivitamines K est surtout lié à
leur effet sur le facteur II.
Les AVK ont une absorption intestinale complète, et se fixent
à 98% aux protéines plasmatiques. La fraction libre
est seule active. Leur métabolisme est essentiellement hépatique,
les métabolites sont éliminés dans les urines
et les selles.
Les cinq AVK disponibles ont des caractéristiques pharmacologiques
différentes, résumées dans le tableau I. Pour
mémoire, les caractéristiques du Marcoumar® qui
nest pas disponible en France, sont également indiquées.
Comment choisir entre dérivé de la coumarine et
dérivé de lindane-dione?
Lavantage des indane-diones par rapport aux coumariniques
est davoir une forte affinité aux protéines,
ce qui les rend moins sensibles à certaines interactions
médicamenteuses. Leur inconvénient est dêtre
parfois incriminés dans des accidents immuno-allergiques
à traduction hématologique rénale ou hépatique.
Lavantage des dérivés coumariniques est leur
bonne tolérance, même si les interactions médicamenteuses
sont un peu plus marquées. En outre, on dispose de peu d'études
internationales sur les indane-diones
Comment choisir entre AVK à demi-vie courte et AVK à
demi-vie longue et comment le prescrire ?
Une distinction importante peut être faite en fonction des
propriétés pharmacologiques des différents
AVK. On distingue, assez arbitrairement, des antivitamines K à
durée de vie courte (demi-vie délimination <12
heures) et à demi-vie longue (demi-vie délimination>24
heures). Il y a peu darguments pour penser quun AVK
à demi-vie courte sera plus rapidement efficace quun
AVK à demi-vie longue, puisque la latence daction est
surtout liée à la demi-vie des facteurs de coagulation.
Par contre, le degré dinhibition de synthèse
dépend de la concentration dAVK (et de vitamine K)
présent, qui varie en fonction de la posologie et de la pharmacocinétique
de chaque AVK. La posologie déquilibre est peut-être
plus rapidement trouvée avec un AVK à demi-vie courte,
mais léquilibre moins stable. Les AVK à demi-vie
courte ont une concentration plasmatique variable pendant le nycthémère,
ce qui entraîne une variabilité daction. Ces
variations concernent surtout les facteurs de coagulation à
demi-vie courte comme le facteur VII, et peu le facteur II, ce qui
a donc probablement peu de conséquences dans les faits sur
lefficacité (1). Certains proposent, du fait de la
courte demi-vie de l'acénocoumarol de l'administrer en 2
prises par 24 heures, mais cette attitude n'est validée par
aucune étude clinique.
La réversibilité de laction, qui inquiète
le plus les praticiens en cas de surdosage, dépend en partie
de la demi-vie délimination du produit utilisé,
mais aussi de la vitesse de renouvellement des facteurs vitamine
K dépendants, donc de leur demi-vie propre, et aussi de limportance
du surdosage. Cette réversibilité nest donc
que partiellement dépendante de la demi-vie propre du médicament,
l'activité prolongée du produit étant facilement
neutralisée par la vitamine K1.
Au total, pour des raisons de simplification du traitement et damélioration
de la stabilité, les AVK à demi-vie longue type Coumadine®
sont souvent conseillés. Les AVK à demi-vie courte
peuvent être préférés chez des patients
à risque hémorragique ou à sensibilité
très importante. La warfarine est lAVK de référence,
en raison de son efficacité démontrée et des
nombreuses études cliniques dont elle a fait lobjet.

Quelle surveillance
biologique ?
La pharmacocinétique de chaque AVK est différente
dun individu à lautre (absorption, clairance),
et varie en fonction du poids, de lâge, du régime
alimentaire (2). Ces variations rendent la surveillance biologique
du traitement indispensable, toutes les 4 semaines au minimum, même
chez un individu correctement équilibré. Ce contrôle
doit être plus rapproché en début de traitement,
en cas de trouble digestif, ou lors de l'introduction dun
nouveau médicament, ou en cas d'anticoagulation instable.
Le temps de Quick (TQ) exprimé en INR (International Normalized
Ratio) est le meilleur test pour surveiller les traitements par
AVK. Le TQ est sensible à la diminution de 3 des 4 facteurs
vitamine K dépendants, le VII, le X et le II. Lexpression
du temps de Quick en taux de prothrombine (TP) doit
être abandonnée pour la surveillance des AVK. En effet,
toutes les thromboplastines nont pas la même sensibilité
à la diminution des facteurs vitamine K-dépendants.
L'amélioration de lexpression du temps de Quick a été
obtenue grâce à lexpression du rapport (TQ malade
/ TQ témoin) en INR (International Normalized Ratio). L'INR
est le rapport (TQ malade / TQ témoin) élevé
à la puissance ISI (International Sensitivity Index). LISI
est une mesure de la sensibilité dun réactif
donné à la diminution des facteurs vitamine K dépendant.
Il est dautant plus élevé que la thromboplastine
est moins sensible. Cette nouvelle expression en INR a permis une
meilleure reproductibilité inter-laboratoire ainsi qu'une
amélioration du rapport bénéfice/risque des
traitements AVK.
Dans les années 80, les thromboplastines disponibles sur
le marché avaient un ISI compris entre 1,4 et 2,8 . Actuellement
les thromboplastines peu sensibles (ISI proche de 2) sont moins
nombreuses sur le marché que les thromboplastines sensibles
(ISI proche de 1).
Difficultés rencontrées avec lINR
Bien que lINR soit un progrès important dans la surveillance
des AVK, il persiste un certain nombre de problèmes. Les
principaux figurent en encadré
Standardisation de l'expression du TQ chez les patients sous
AVK: problèmes persistants
- Manque de fiabilité de lINR en début de traitement.
Dans cette circonstance, lexpression en INR est malgré
tout préférable au TP.
- LISI est variable en fonction de linstrument utilisé
pour déterminer le temps de Quick (3). En outre, l'ISI indiqué
par les fabricants pour chaque lot est parfois incorrect. La procédure
d'utilisation des plasmas lyophilisés et calibrés
en INR peut permettre d'améliorer les résultats.
- Un élément important pour la précision de
lINR est la valeur du TQ témoin, qui est le dénominateur
de lINR. Il doit être recalculé, avec linstrument
utilisé par le laboratoire pour chaque nouveau lot.
- Manque duniformisation de la concentration de citrate. En
France, la concentration habituelle de citrate est de 3,8% (0,129
M), alors quune concentration de 3,2% (0,109 M) est utilisée
dans dautres pays. LISI des thromboplastines est calibré
avec des plasmas à 0,109M. C'est la raison pour laquelle,
dans ses recommandations sur les variables pré-analytiques,
le GEHT a proposé l'utilisation d'une concentration à
0,109 M (4).
- Chez les sujets qui présentent un anticoagulant de type
lupique, le TQ pourrait être perturbé par linhibiteur.
Ceci serait en fait rare.
- Enfin, il faut rappeler que l'utilisation, pour remplacer le calcul
d'INR, d'abaques permettant de passer du TP (%) en INR expose à
un risque d'erreur: ces abaques ne sont pas toujours modifiées
selon les lots de réactifs utilisés.
Même sil persiste des points qui appellent à
la vigilance dans lutilisation de lINR pour la surveillance
des AVK, il ne faut pas perdre de vue que ces efforts de standardisation
ont permis daméliorer le rapport bénéfice/risque
du traitement et de réaliser les études cliniques
qui définissent une zone thérapeutique appropriée
à chaque pathologie.
Intérêt de lautocontrôle de lINR
avec des appareils de biologie dédiés
Le développement de petits appareils portatifs permettant
de réaliser un INR sur sang capillaire par le patient à
domicile ou dans des centres de soin incite à envisager une
surveillance biologique du traitement AVK par le patient lui-même.
Ce type de mesure sur sang capillaire donne des résultats
proches de ceux du plasma issu du sang veineux pour un large éventail
dhématocrites (23 à 54%). Plusieurs types dappareils
ont été étudiés. Le coefficient de variation
des mesures obtenues (3 à 6% ) et leur coefficient de corrélation
avec les INR réalisés en laboratoire sont acceptables
(2). Cependant, ces appareils peuvent poser les mêmes problèmes
que lINR en laboratoire. Les améliorations apportées
à ces appareils en font des outils intéressants, déjà
très utilisés dans de nombreux pays européens.
Dans létat actuel de la législation française,
les analyses réalisées sur ces appareils ne peuvent
être validées et donner lieu à un remboursement
que si elles sont faites par un biologiste et dans un laboratoire,
ce qui en réduit lintérêt. Pourtant, ce
type de surveillance est préféré par la majorité
des patients, et il aboutirait à un contrôle de lanticoagulation
plus efficace et plus sûr que la surveillance classique assurée
par le praticien aidé des tests du laboratoire de proximité
(5,6).
La plus grande attention doit donc être portée au développement
de ces techniques nouvelles, qui pourraient sintégrer
dans une modification de la prise en charge des traitements anticoagulants.

Comment
commencer un traitement AVK et comment larrêter ?
Début de traitement
Il est habituellement préconisé de commencer le traitement
en utilisant la posologie moyenne déquilibre (chez
ladulte : 5 mg de warfarine, 20 mg de fluindione ou 3 à
4 mg dacénocoumarol). Lutilisation dune
dose de charge (1,5 à 2 fois la posologie habituelle
quotidienne: 7,5 mg à 10 mg de warfarine, 40 mg de fluindione,
6 mg d'acénocoumarol) les premiers jours de traitement (avec
suivi quotidien de lINR) réduit ce délai, mais
comporte 2 risques: un risque de surdosage et dhémorragie
chez les sujets âgés ou sensibles, et un risque dinduire
un pic dhypercoagulabilité en raison dune chute
brutale de la protéine C pendant les 36 premières
heures (7).
De façon générale, et surtout si un effet anticoagulant
rapide est souhaité (thrombose évolutive, haut risque
de complication embolique), un traitement par héparine doit
être administré simultanément. Lhéparine
ne sera arrêtée que lorsque 2 INR consécutifs
à 24 heures d'intervalle sont dans la zone thérapeutique.
Il est par contre recommandé pour les thromboses évolutives,
de maintenir lhéparinothérapie pendant 5 jours
lors du relais AVK, même si lINR est rapidement supérieur
à 2. Lintroduction dun traitement AVK sans couverture
par lhéparine pendant les premiers jours n'est envisageable
que dans quelques cas (fibrillation auriculaire stable).
Les contrôles dINR doivent être réalisés
tous les jours jusquà ce que lINR soit dans la
zone thérapeutique sur 2 contrôles consécutifs.
Les contrôles dINR seront dès lors faits 2 à
3 fois par semaine pendant les 2-3 premières semaines, puis
espacés jusquà 1 fois par mois au maximum. Si
un ajustement est nécessaire, les INR doivent être
de nouveau faits de façon rapprochée jusquà
stabilisation. Il en est de même en cas de maladie intercurrente
ou dintroduction dun nouveau médicament.
Des protocoles de début de traitement permettant de guider
le prescripteur dans ladaptation de posologie ont été
proposés.
Lors du traitement des thromboses veineuses, l'introduction des
AVK en relais des héparines est habituellement très
précoce (J1 ou J2), ce qui réduit le risque de TIH
et la durée d'hospitalisation. Ce relais précoce nest
cependant pas validé pour les thromboses ilio-fémorales
massives ni les embolies pulmonaires graves.
Arrêt des AVK
Larrêt des AVK peut être fait brutalement ou progressivement
sur 3 à 4 semaines. Lintérêt théorique
dun arrêt progressif est de limiter un éventuel
effet rebond dhypercoagulabilité soupçonné
dans certaines études sur des tests biologiques, mais jamais
démontré cliniquement. Cet arrêt progressif
ne saurait donc être recommandé systématiquement.
Le vrai problème est plus probablement de définir
à quel moment arrêter les AVK chez un patient donné.

Comment
prescrire les AVK aux âges extrêmes : enfants et sujets
âgés?
- Enfants
Encore aujourdhui, et en labsence des résultats
des études internationales en cours, les recommandations
concernant lutilisation des AVK (ou des autres molécules
antithrombotiques) en pédiatrie sont extrapolées des
recommandations chez ladulte (8). Malgré l'absence
détudes spécifiques en pédiatrie, lINR
optimal préconisé chez lenfant paraît
être compris entre 2 et 3 pour le traitement de la maladie
thromboembolique veineuse, et entre 2,5 et 3,5 en cas de valve cardiaque
mécanique. Néanmoins, en raison du risque hémorragique
potentiel, la prescription dAVK doit être limitée
au maximum pendant le premier mois de vie, qui est caractérisé
par un statut particulier vis-à-vis de la vitamine K: les
taux "physiologiques" des facteurs vitamine K- dépendants
peuvent être voisins de ceux d'un adulte traité par
les AVK. La prescription et le suivi d'héparinothérapie
s'avèrent plus faciles à contrôler à
cet âge.
Il est à noter que les doses dAVK nécessaires
pour obtenir un certain degré danticoagulation diffèrent
selon lâge de lenfant. Les mentions légales
des différents AVK disponibles en France ne donnent pas de
posologie spécifique pour l'enfant, ni même de posologie
en fonction du poids. Pour la warfarine, les doses rapportées
au poids sont habituellement plus élevées que celles
nécessaires chez ladulte: à titre dexemple,
pour obtenir un INR entre 2,0 et 3,0, une posologie moyenne de 0,32
mg/kg de warfarine est nécessaire chez le nourrisson, contre
0,09 mg/kg chez ladolescent (chez ladulte: 0,04 - 0,08
mg/kg).
La fréquence de surveillance est plus importante que chez
ladulte, et seulement 10-20% des enfants peuvent être
correctement équilibrés par une surveillance mensuelle,
la fréquence moyenne de surveillance chez lenfant se
situerait vers une fois par semaine.
- Sujets âgés :
Les AVK ne sont pas contre-indiqués chez le sujet âgé,
d'autant que le risque de thrombose augmente avec l'âge. Cependant,
certaines études ont aussi montré une augmentation
du risque hémorragique qui serait multiplié par un
facteur 2. Cette augmentation peut-être liée à
l'âge lui-même, aux pathologies associées ou
aux médications qui sont fréquemment associées
chez ces patients. De plus, il existerait chez les sujets de plus
de 70 ans, une augmentation de sensibilité aux AVK liée
à une réduction de la clairance métabolique
(9). Ceci conduit, pour éviter tout risque de surdosage,
à la double recommandation dune zone thérapeutique
la plus faible possible et dune surveillance plus régulière
que chez ladulte (10).

Prescription des AVK chez la femme:
grossesse, allaitement, pilule
Grossesse :
Les risques liés à la prise dAVK pendant la
grossesse concernent essentiellement lembryon et le foetus,
les complications maternelles étant très rares (11).
Les AVK peuvent avoir un effet tératogène. De plus,
ils franchissent la barrière placentaire (contrairement à
lhéparine). Ils pourraient donc entraîner des
complications hémorragiques chez le foetus.
Pour le risque tératogène, divers embryopathies ont
été attribuées aux AVK, essentiellement lorsquils
sont administrés entre la 6ème et la 12ème
semaine de grossesse: malformations graves associant à des
degrés diverses une hypoplasie nasale, des épiphyses
ponctuées, un syndrome dasplénie, des anomalies
du système nerveux central, microcéphalie, hydrocéphalie
et atrophie optique. Il est par contre difficile d'apprécier
la fréquence de ces complications: les chiffres les plus
pessimistes font état de près de 30% des cas dembryopathies.
Les études ultérieures ont conduit à minimiser
ce risque, estimé inférieur à 5% (12). En fait
il semble que les AVK naient pas daction délétère
pendant les 6 premières semaines de grossesse, le risque
tératogène étant maximum pendant les 6 semaines
suivantes.
Le risque hémorragique foetal au 3ème trimestre est
lié à une hypocoagulabilité excessive responsable
d'anomalies cérébrales, très rares et de mort
foetales in utero. Ce risque pourrait en fait être lié
à un surdosage en AVK.
Les pratiques habituelles consistent donc à éviter
le traitement AVK pendant le 1er trimestre (11,12).
Allaitement :
Les mentions légales des AVK en France considèrent
que l'allaitement maternel est une contre-indication aux AVK. Pourtant,
il a été montré que la warfarine n'était
pas éliminée sous forme active dans le lait, et aucune
modification des paramètres de lhémostase na
été observée chez le nourrisson allaité
par une mère sous warfarine (13). Les opinions sont donc
divergentes: le document de consensus nord-américain (2)
considère que l'allaitement n'est pas une contre-indication
à la warfarine. Cette notion est importante pour prendre
une décision propre à chaque cas. Une alternative
possible, suggérée dans certains pays voisins pour
les femmes allaitant pendant un traitement sous acénocoumarol
consiste à administrer au nourrisson 1 mg de vitamine K1
par semaine à titre préventif.
Contraceptifs oraux et traitements oestrogéniques:
Les contraceptifs oraux ne constituent pas une contre-indication.
Compte tenu de laction tératogène des AVK (contre-indiqués
pendant la phase dorganogenèse: 6ème-12ème
semaine), il est indispensable dassurer une contraception
efficace chez la femme en âge de procréer chez qui
un traitement par AVK est prescrit, y compris lorsqu'elle a des
antécédents de maladie thrombo-embolique. En dehors
dune éventuelle action antagoniste des oestroprogestatifs
sur lactivité anticoagulante des AVK, lutilisation
des AVK ne paraît pas poser de problèmes particuliers.
Lors de traitement hormonal substitutif, l'effet de l'oestrogène
sur la sensibilité aux AVK serait différente en fonction
de la voie d'administration de l'oestrogène (14).

Que faire en cas de surdosage
en AVK et/ou dhémorragie?
On regroupe sous le terme de "surdosage", tous les cas
où l'INR est excessif (en pratique supérieur à
6). L'attitude sera différente selon l'existence ou non de
signes hémorragiques et devra être modulée en
fonction des risques propres au patient.
- Absence de manifestations hémorragiques: l'interruption
du traitement pendant 24h à 72h suffit. Le traitement sera
repris à une posologie inférieure (exemple: arrêt
du traitement avec INR tous les jours: lorsque l'INR est inférieur
à 5, reprise de l'AVK à dose réduite de 25%).
Si le surdosage est plus important, ou si l'estimation du risque
hémorragique lié au sujet paraît plus élevée,
ladministration de vitamine K1 à faible dose est possible.
Les faibles doses (1 à 2mg per os) sont en général
suffisantes (15), et préférables pour éviter
le risque ultérieur de résistance aux AVK. Le but
est là encore d'atteindre un INR inférieur à
5. La voie injectable, IV ou S/C, offre dans ce cas peu d'intérêt:
elle ne permet que de gagner quelques heures pour l'objectif biologique
souhaité (15-17).
- Présence de manifestations hémorragiques:
la conduite à tenir dépend de limportance de
lhémorragie, du degré durgence et de lINR.
Pour des saignements mineurs, les mêmes recommandations que
précédemment peuvent être faites, la vitamine
K1 IV (2 à 5 mg) permettant de corriger plus vite l'INR.
En revanche, si la gravité ou la localisation du syndrome
hémorragique le justifie, il peut être nécessaire
de corriger très rapidement la coagulation et dadministrer
la fraction PPSB (Kaskadil®) avec des doses qui en fonction
de l'INR seront de 10 à 20 UI/Kg du facteur IX contenu dans
le concentré, ou à défaut, du plasma frais
congelé, viro-atténué ou sécurisé
(17-19).
Ces attitudes sont résumées dans le tableau II.
- Chez l'enfant (8), la démarche est la même.
Les doses peuvent être différentes:
En labsence de manifestations hémorragiques, ou lorsque
les signes hémorragiques n'engagent pas le pronostic vital
chez un enfant pour lequel le traitement AVK doit être poursuivi:
vitamine K1 (0,5 à 2,0 mg selon le poids et l'INR) per os,
ou éventuellement SC ou IV. La voie IM est contre-indiquée.
Des doses plus fortes de vitamine K1 peuvent être données
(2 à 5 mg) si le traitement ne doit pas être poursuivi.
En présence de manifestations hémorragiques n'engageant
pas le pronostic vital, la même attitude peut être proposée.
En cas d'hémorragie plus importante ou grave, il est possible
de corriger immédiatement l'anomalie de coagulation en associant
du PPSB plutôt que du PFC: le faible volume de PPSB nécessaire
le rend plus commode à utiliser chez l'enfant. La vitamine
K1 peut aussi être utilisée en IV: 5 mg en perfusion
lente sur 10-20 minutes (8).

Quels médicaments
peut-on prescrire à un patient sous AVK?
Les interactions médicamenteuses sont une des causes principales
de déséquilibre ou d'accident chez les patients sous
AVK, mais il est impossible pour le praticien de se souvenir de
toutes les interactions possibles entre médicaments et AVK.
La règle de base est quune modification du niveau danticoagulation
est possible a) lors de toute introduction d'un nouveau médicament,
b) lors de la modification de posologie d'un médicament et
c) à l'arrêt d'un médicament associé
aux AVK. Il est alors impératif d'augmenter la fréquence
des contrôles de l'INR de façon à ajuster la
dose. Il faut également se souvenir que ces interactions
sont variables dun individu à lautre (facteurs
génétiques, état clinique et alimentation principalement)
et donc qu'un même médicament aura des effets différents
sur l'INR de chaque patient.
Les mécanismes d'interaction entre médicaments et
antivitamines K sont complexes et variés. Certains médicaments
dits potentialisateurs augmentent l'effet des AVK. Les plus dangereux
sont ceux qui modifient la liaison de l'AVK avec les protéines
plasmatiques (miconazole par exemple). Ils sont en général
contre-indiqués en raison du risque hémorragique immédiat.
D'autres sont inhibiteurs : il faudra alors des doses plus grandes
d'AVK pour atteindre le niveau d'anticoagulation désiré.
Certains considèrent qu'il y a interférence pharmacologique
avec le traitement anticoagulant oral lorsque, en l'absence de cause
évidente de variation, la prise du médicament ou son
interruption entraîne une élévation de l'INR
au-dessus de 5, ou bien lorsque le médicament induit une
modification des doses d'anticoagulation prescrites supérieure
à 20%, chez un patient compliant correctement équilibré,
c'est-à-dire dont les valeurs d'INR sont situées dans
les zones thérapeutiques, cela à trois dosages successifs
(17). Parmi les médicaments qui augmentent le risque hémorragique
au cours du traitement par AVK, certains ont une activité
inhibitrice directe sur l'hémostase primaire (anti-inflammatoires
non stéroïdiens, antiplaquettaires). Le tableau III
mentionne quelques médicaments fréquemment incriminés,
bien que pour certains la démonstration de causalité
ne soit pas toujours bien établie. La liste n'étant
pas exhaustive, il faut absolument considérer que tout médicament
peut interférer avec les AVK jusqu'à preuve du contraire.
Lors de l'introduction d'un médicament chez un patient sous
AVK peut aussi se poser la question de l'effet de l'AVK sur le médicament
lui-même et celle de l'intérêt ou non de modifier
la dose d'AVK pour des traitements courts. Certains considèrent
que la dose d'AVK ne doit être modifiée que pour des
traitements associés de plus de 5 jours (20)
En cas de fièvre ou de douleurs, bien quune possible
interférence ait été évoquée,
l'administration de paracétamol nous semble parfaitement
possible, ceci sous réserve de contrôles plus rapprochés
de l'INR. En cas d'anticoagulation mal contrôlée, il
faudra aussi vérifier avec le patient la prise potentielle
de médicaments délivrés sans ordonnance.
Un problème particulier doit être évoqué:
lutilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Le risque est double: majoration par les AVK du risque hémorragique
gastrique des AINS, et risque de potentialisation des AVK par l'AINS.
Ceci conduit, théoriquement, à contre-indiquer les
AINS chez un patient sous AVK. Néanmoins, bien que les AINS
soient théoriquement contre-indiqués chez les patients
sous AVK, il est parfois difficile de se passer de tels produits
(rhumatismes inflammatoires sévères, douleurs rebelles).
La Fédération des cliniques d'anticoagulant Italiennes
propose pour cette raison dutiliser l'ibuprofène à
toxicité gastrique faible (17). Le risque de potentialisation
par interaction métabolique, bien décrit avec la phénylbutazone,
n'existerait pas avec le naproxène (2). En fonction des circonstances,
ces 2 types de produit peuvent être utilisés, avec
prudence et surveillance clinique et biologique rapprochées.
Par contre l'aspirine, du fait de son effet anti-agrégant,
doit en dehors de protocoles bien précis être évitée,
d'autant qu'aux doses nécessaires pour obtenir un effet anti-inflammatoire
(2 à 3 grammes/j), elle est plus gastrotoxique que les autres
AINS. Rappelons enfin que les protecteurs gastriques peuvent eux
aussi interférer avec les AVK.

Un patient sous AVK doit-il modifier
son alimentation ou son mode de vie?
Vitamine K et régime alimentaire
Un régime alimentaire normal apporte 300 à 500 µg
par jour de vitamine K, ce qui est largement au-dessus des besoins
minimums (apport quotidien de 1 µg par kilo et par jour).
Certains aliments (par exemple brocolis, choux, épinards,
fenouil, laitue, foie) ont une teneur particulièrement élevée
en vitamine K. Un relevé détaillé du contenu
des aliments en vitamine K peut être trouvé sur internet
(http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp). La consommation accrue
des légumes frais au printemps et en été expliquent
probablement en partie les variations saisonnières de l'anticoagulation,
les INR étant plus bas à ces époques de l'année.
D'une manière générale, il est important d'expliquer
au patient qu'un régime alimentaire équilibré
doit être respecté, sans pour autant qu'il ne soit
nécessaire de lui donner une longue liste d'aliments avec
leur teneur par 100 g en vitamines K. En cas d'INR mal contrôlés,
il conviendra alors de faire une anamnèse alimentaire détaillée
(ainsi que de certains "suppléments vitaminiques"
contenant de la vitamine K) pour préciser les écarts
à éviter et, au besoin, de faire suivre au patient
un régime alimentaire dont la teneur en vitamine K est connue.
Habitudes et style de vie
La qualité de vie des patients qui suivent un traitement
par AVK n'est pas modifiée de manière significative.
En effet, hormis certaines activités physiques (par exemple
les sports de combat), il n'y a pas lieu de changer de style de
vie si celui-ci est adéquat (danger de l'alcoolisme chronique
ou aigu en particulier). La prise d'AVK donne parfois lieu à
des restrictions pour le travail (travail sur échafaudage,
manutention d'objets lourds, etc... ). Ces interdits sont souvent
excessifs et parfois pénalisants pour le patient et son insertion
sociale (ou sa réinsertion après une longue maladie).
L'état pathologique sous-jacent doit par contre être
pris en compte. Il en va de même des activités sportives
qui, pour la plupart, ne sont pas contre-indiquées, même
si le simple bon sens conduit à éviter les sports
de combat et ceux avec contacts traumatiques fréquents. Pour
les voyages, le problème tient plus aux conséquences
du voyage qu'à ses conditions propres: les changements de
rythme de vie et décalages horaires peuvent être source
de confusion dans les médicaments absorbés. De plus
les modifications alimentaires et leurs conséquences (troubles
du transit) sont un facteur de déséquilibre supplémentaire
qui devrait, théoriquement, conduire à rapprocher
la surveillance, ce qui n'est parfois guère possible dans
des contrées éloignées. Par contre, il est
intéressant de noter l'universalité de l'INR qui a
résolu bien des problèmes rencontrés par les
patients en déplacement. Les voyages en avion ne sont pas
contre-indiqués, mais les AVK sont une contre-indication
à la délivrance du brevet de pilotage d'avion.
AVK et maladies
Certaines circonstances pathologiques (par exemple fièvre,
hypo- ou hyperthyroïdie, maladies hépatiques, diarrhées,
vomissements) peuvent modifier la réponse aux AVK. Le déséquilibre
peut être aggravé par les médicaments prescrits
(antibiotiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires, traitements
hormonaux), ce qui nécessite une surveillance rapprochée.
Dans des cas de malnutrition, de régimes hypocaloriques,
de maladies des voies biliaires, de stéatorrhées ou
encore d'alimentation parentérale, un apport insuffisant
de vitamines K peut faire diminuer les doses d'AVK administrées.
D'une manière générale, devant toute modification
de l'état clinique, il conviendra d'augmenter la fréquence
des contrôles biologiques. Inversement, un déséquilibre
inexpliqué doit inciter à rechercher entre autres
causes, une pathologie intercurrente.

Quelle
attitude proposer pour un geste chirurgical chez un patient sous
AVK?
La conduite à tenir devant l'éventualité d'une
intervention chirurgicale chez un patient traité par antivitamines
K doit tenir compte de l'évaluation comparée de deux
risques: risque d'accident thromboembolique en cas d'arrêt,
même court, du traitement par antivitamines K (21-23) et risque
hémorragique per ou post opératoire en cas de poursuite
du traitement par antivitamines K ou de substitution par un traitement
héparinique.
- risque thrombo-embolique: la plupart des actes chirurgicaux
induisent une risque thrombo-embolique veineux, alors qu'ils ont
peu d'effet sur le risque artériel. Un patient chez lequel
un traitement antivitamine K est interrompu revient à un
niveau normal de coagulation en environ 3 à 4 jours. Pendant
cette période, son risque thrombotique artériel ou
veineux rejoint le risque estimé en l'absence d'anticoagulation.
Après le geste chirurgical, la reprise du traitement antivitamine
K permet d'obtenir en 3 à 4 jours un INR au dessus de 2.
Ainsi, pour un patient porteur de valves mécaniques, le risque
de thrombose, en l'absence de traitement, est estimé à
8%. Pour un patient en fibrillation auriculaire, le risque d'embolie
systémique est de 4,5 % par an (23). Ce risque augmente avec
l'âge, en cas d'antécédents d'embolie cérébrale,
ou lorsque la FA survient sur valvulopathie mitrale rhumatismale
ou prothèse valvulaire. Tenant compte de ces données,
en cas de FA sans facteur de risque supplémentaire, Kearon
et Hirsh (21) recommandent l'arrêt momentané du traitement
anticoagulant oral, sans relais. Pendant une période très
courte le patient rejoint donc ce risque constaté en l'absence
de traitement, estimé à 4,5% d'accidents par an. Dans
certains cas néanmoins, (patients ayant un antécédent
de thrombose artérielle récente, patients ayant un
ou plusieurs des facteurs de risque supplémentaires décrits
ci-dessus), un relais par héparine intraveineuse dès
l'arrêt du traitement antivitamine K, peut être proposé.
Cette attitude ne fait pas l'objet d'un consensus vrai.
Pour un épisode thrombo-embolique veineux récent (moins
de 3 mois), le risque de récidive en l'absence de traitement
est de 50%. Il est maximum pendant le premier mois suivant la thrombose.
Cette période du premier mois justifie un relais préopératoire
AVK-héparine (24). Sinon, en l'absence de facteurs majeurs
de risque thrombo-embolique, là encore l'arrêt simple
des AVK 3 à 4 jours avant l'intervention suffit. Chez les
patients sous traitement anticoagulant au long cours pour thrombophilie,
l'arrêt des AVK 3 à 4 jours avant l'intervention sans
traitement héparinique est possible. La couverture du risque
thrombotique post opératoire relève d'un traitement
antithrombotique par HBPM, ou éventuellement héparine
non fractionnée, relayés par les AVK. Si un relais
AVK précoce est souhaité, il est possible de les faire
reprendre la veille ou le soir de l'intervention. L'héparinothérapie
post opératoire est alors poursuivie tant que l'INR reste
inférieur à 2.
- risque hémorragique: plusieurs travaux ont montré
que l'acte chirurgical peut être effectué sans augmentation
du risque hémorragique, dès lors que l'INR est inférieur
à 1,5 (21, 22). En fait, chaque chirurgie a sa spécificité
quand au risque hémorragique. Les paramètres déterminants
pour le choix de la stratégie sont la possibilité
d'un geste hémostatique local (compression par exemple),
les conséquences possibles d'éventuelles hémorragies
et le risque opératoire propre au geste envisagé.
Ainsi, en neurochirurgie où le risque de saignement est élevé
et les conséquences graves, il semble qu'une période
sans anticoagulant soit préférable (20). Par contre,
en chirurgie cardiaque, il a été montré qu'un
traitement préalable par warfarine n'augmentait pas le risque
hémorragique chez les patients recevant en cours d'intervention
de l'aprotinine (24). En fait, dans la plupart des chirurgies, le
risque hémorragique per ou post opératoire est difficilement
prévisible. Néanmoins, on peut considérer que
pour les gestes où une hémostase locale est réalisable,
à l'aide de compression, d'antifibrinolytiques, ou de colles
biologiques, il est possible de poursuivre le traitement par antivitamines
K sans modifier la dose. Ceci s'applique aux ponctions ou cathétérismes
de veines superficielles ou d'artères, ponction sternale
ou biopsie cutanée, petite chirurgie cutanée, ou biopsie
de muqueuse aisément accessible et explorable (cavité
orale, vagin), aux examens endoscopiques et aux extractions dentaires
simples. Pour la chirurgie ophtalmologique, certains considèrent
que la phako-exérèse peut être effectuée
sans arrêt de traitement anticoagulant à condition
que l'anesthésie soit locale ou générale. Par
contre, si une anesthésie rétro ou péri bulbaire
est nécessaire, l'arrêt du traitement anticoagulant
s'impose (17).
Attitudes possibles:
Au total donc, plusieurs attitudes sont possibles et doivent être
discutées en fonction du risque thrombotique propre au patient
et du risque hémorragique :
- poursuite du traitement anticoagulant oral avec maintien de l'INR
dans la zone thérapeutique habituel (2 à 3) et gestes
d'hémostase locale. Exemple: extraction dentaire, biopsies
cutanées ou de lésions superficielles, gestes peu
invasifs
- interruption du traitement AVK 3 à 4 jours avant l'intervention
sous surveillance de l'INR; intervention lorsque l'INR est inférieur
à 1,5 puis reprise du traitement antivitamine K en post opératoire
sous couvert, éventuellement, d'une héparinothérapie
tant que l'INR est inférieur à 2. En cas d'urgence,
ou si l'INR souhaité reste supérieur à 2 la
veille de l'intervention, la prise de vitamine K1 (1mg PO, SC ou
IV) permet d'obtenir dès le lendemain un INR inférieur
à 1,8 (21). Cette attitude est possible pour la chirurgie
abdominale, voire orthopédique, mais s'expose souvent aux
réticences du chirurgien ou de l'anesthésiste. Il
est par contre inutile, voire néfaste de donner de fortes
doses de vitamine K (25)
Dans le cas dune situation durgence grave nécessitant
un geste opératoire rapide, lutilisation du PPSB paraît
licite. Le calcul des posologies tient compte du fait que 1 U/kg
de facteur IX diminuent en moyenne lINR de 0,15 (augmente
le TP de 1,5%).
- Dans certains cas à risque thrombotique élevé:
arrêt de l'AVK en surveillant l'INR, et héparinothérapie
IV ou S/C dès que l'INR est inférieur à 2.
L'intervention pourra être réalisée une interruption
de l'héparine de 4 heures (HNF) à 12 heures (HBPM).
L'héparine intra-veineuse est reprise très rapidement
après le geste chirurgical et poursuivie jusqu'à obtention
sous antivitamine K d'un INR supérieur à 2. Cette
stratégie s'appliquera en cas, par exemple, d'accident thrombotique,
veineux ou artériel, récents (moins d'un mois). Elle
est en fait aussi souvent utilisée pour la chirurgie abdominale
ou orthopédique.
- Une autre attitude est parfois proposée par les praticiens
utilisant le Marcoumar® : elle consiste à poursuivre
le traitement en prescrivant de faibles doses de vitamine K.

Que
faire en cas de résistance aux antivitamines K?
Le terme de "résistance aux antivitamines K" recouvre
plusieurs entités qui sont résumées dans le
tableau IV:
1 - Résistance biologique: elle peut être définie
comme la difficulté ou l'impossibilité d'obtenir une
hypocoagulabilité malgré des doses d'antivitamine
K supérieures aux doses usuelles. On le voit, cette notion
est assez floue. Elle dépend du type d'antivitamines K utilisés.
En pratique, le médecin s'inquiète lorsqu'il est au
double des doses habituelles. Avant d'augmenter encore les doses,
le médecin devra rechercher les causes classiques de résistance
secondaire, qui relève de trois mécanismes (26):
- concentration sérique insuffisante du médicament
(rare): une question est de savoir si le patient prend correctement
son traitement aux doses indiquées (27). Le problème
ici relève de l'éducation des patients. Une autre
cause possible serait un défaut d'absorption du médicament.
Ceci peut, théoriquement, se voir dans certaines maladies
digestives. En fait, les pathologies digestives ont un effet double
: elles peuvent effectivement gêner l'absorption du médicament,
mais elles modifient aussi l'absorption de vitamine K, induisant
une hypersensibilité aux AVK. Il est donc rare qu'une maladie
digestive soit à l'origine d'une résistance aux antivitamines
K.
- excès de vitamine K dans l'organisme. Cet excès
peut être la conséquence d'un traitement par vitamine
K1, habituellement connue du médecin car les médicaments
polyvitaminiques distribués en France ne contiennent pas
de vitamine K, ou d'un apport excessif de vitamine K par l'alimentation.
Des cas de résistance vraie aux AVK ont été
décrits lors de régimes très déséquilibrés:
excès de brocolis, de choux ou d'autres végétaux
riches en vitamine K ou lors de diètes ou d'alimentation
parentérale. Une enquête alimentaire peut donc être
utile dans les cas de résistance. Certains "suppléments
vitaminiques, non médicamenteux, contiennent de la vitamine
K1.
- interactions médicamenteuses. Le problème
des interactions a déjà été évoqué.
Ces médicaments inhibiteurs doivent être recherchés
avec soin à l'interrogatoire, qui en fera préciser
le mode d'administration car celui-ci peut influer sur l'effet biologique
(14). L'association d'antivitamines K à de tels médicaments
n'est pas une contre indication. Elle oblige à augmenter
les doses d'antivitamines K pour obtenir l'hypocoagulabilité.
Conduite à tenir devant une résistance biologique:
- s'assurer, en collaboration avec le biologiste que les recommandations
de bonne pratique de laboratoire sont respectées, avec une
attention particulière aux variables pré-analytiques
(4)
- chercher si l'un des 3 mécanismes ci-dessus est en cause
- il est habituellement possible d'augmenter sous surveillance rapprochée,
jusqu'à 3 fois les doses, soit pour Pindione®, 150 mg,
pour Préviscan® 60 mg, pour Sintrom®, 12 mg, pour
Apegmone® 12 mg et, pour Coumadine® 12 à 14mg.
- au delà de ces doses, ou avant pour des patients considérés
à risque, il est préférable de s'adresser à
un centre spécialisé: des cas exceptionnels de résistance
constitutionnelle aux AVK ont été décrits.
2 - Résistance clinique: persistance ou récidive
d'un accident thrombotique malgré un traitement antivitamine
K bien équilibré. Il s'agit en général
de cas où l'on assiste à une évolution thrombotique,
ou une récidive, malgré un traitement antivitamine
K bien conduit et une hypocoagulabilité, appréciée
sur l'INR, conforme aux recommandations. Avant de parler d'échec
des antivitamines K, ou de faire une recherche de cancer, il faut
évaluer la réalité de l'hypocoagulabilité:
- quel était l'INR (ou le dernier INR connu) lors de l'accident
thrombotique?
- l'INR est-il applicable chez le patient?
Certains patients ont des anomalies de l'hémostase qui rendent
l'INR difficilement interprétable: lupus anticoagulant et/ou
anticorps antiphospholipides; déficits en facteur de coagulation,
en particulier déficits acquis ou congénitaux en facteur
VII, X, V, II, mais aussi anomalies du fibrinogène: afibrinogénémies,
dysfibrinogénémies, hypofibrinogénémies.
- les contraintes pré-analytiques ont-elles été
respectées? (4). Les erreurs les plus fréquentes sont
liées aux conditions de conservation et transfert du prélèvement
(délai, température), ou aux modifications du ratio
plasma/anticoagulant: tube mal rempli, patient polyglobulique.
Quel
INR dans les différentes pathologies?
L'INR a simplifié la surveillance des traitements par antivitamine
K. Un consensus existe dans les grandes pathologies sur les zones
thérapeutiques souhaitables. Dans la plupart des indications,
un INR compris entre 2 et 3 est recommandé (2,17,28). Les
exceptions concernent l'anticoagulation de prothèse valvulaire
cardiaque utilisant des valves mécaniques, certaines indications
lors de l'infarctus du myocarde et la prévention des thromboses
chez les patients porteurs de syndrome des antiphospholipides où
un INR compris entre 2,5 et 3,5 est recommandé (2) voire
pour certains un INR entre 3 et 4,5 (tableau III)
La description d'une zone thérapeutique (exemple : INR compris
entre 2 et 3) peut avantageusement être remplacée par
la notion de valeur cible: ex 2,5 (20). La zone considérée
comme souhaitable est alors peu différente mais l'absence
de chiffre seuil permet d'éviter les variations trop fréquentes
de doses d'antivitamine K pour des valeurs dépassant de 0,1
à 0,2 les valeurs extrêmes d'INR prévues.

Quelle durée de traitement?
La durée du traitement dépend de l'indication.
- En pathologie cardiaque, en dehors de l'infarctus, les
antivitamines K sont prescrits au long cours, voire à vie:
c'est le cas des valvulopathies, de la fibrillation auriculaire
persistante, de la cardiomyopathie dilatée (2,17).
Dans les thromboses endo-cavitaires, le traitement est prescrit
tant que le thrombus est détectable (2).
Pour l'infarctus du myocarde, la durée de traitement
dépend de l'indication : les antivitamines K peuvent être
prescrits soit en prévention de thrombose veineuse et la
durée de traitement est alors habituellement courte (2-3
mois) soit dans l'optique, contestée dans la littérature,
d'une réduction de risque de récidive ou de mortalité.
Les antivitamines K sont alors prescrits au long cours.
Pour les prothèses valvulaires, le maintien des patients
à vie sous antivitamines K est recommandé dans les
prothèses mécaniques. Par contre, lorsque les patients
sont porteurs de prothèse biologique, les traitements antivitamines
K sont habituellement courts (2 à 3 mois).
- Lors des thromboses artérielles récidivantes, le
traitement est prescrit au long cours.
- En matière de thromboses veineuses, diverses attitudes
sont possibles, les durées de traitement pouvant aller de
6 semaines à des durées très longues ("à
vie").
Les critères permettant le choix de la durée de traitement
sont les suivants : localisation de la thrombose, circonstance de
la thrombose, histoire clinique, contexte.
- localisation : la notion de thrombose distale ou proximale doit
intervenir dans le choix.
. Pour les thromboses proximales, on dispose dans la littérature
d'au moins deux études. L'étude de Levine et coll.
(29) comparait 2 durées de traitement: à trois mois,
le risque de récidive était de 0,9 % pour les traitements
de 3 mois contre 8,6% pour les traitements de 4 semaines. Des conclusions
similaires peuvent être tirées de l'étude de
Schulman et coll. (30) qui trouvaient un risque de récidive
de 9,5% chez les patients traités pendant deux ans contre
18,5% pour ceux traités 6 semaines, avec des récidives
plus fréquentes à l'arrêt du traitement dans
ce dernier groupe. Ces études incitent donc à des
durées de traitement prolongées (3 à 6 mois).
Cette attitude pourrait être confortée si une meilleure
prise en charge des patients permettait de réduire le risque
hémorragique.
. Pour les thromboses distales, se pose tout d'abord la question
de l'indication du traitement : les thromboses donnent rarement
d'embolie pulmonaire ; par contre elles peuvent s'étendre
vers les veines poplitées ou les veines fémorales
puis engendrer des embolies. Il est donc possible de proposer un
traitement anticoagulant pour éviter l'extension, ou de ne
pas traiter proposant une simple surveillance par ultrasons en ne
traitant que s'il y a extension. Néanmoins, on doit retenir
la notion du risque de récidive sur thromboses veineuses
profondes distales non traitées, estimé à 25
%, alors que le traitement réduit le risque de récidive
à 7,6 %. Ces données incitent à traiter, la
tendance étant de ne traiter que 6 semaines à trois
mois mais il n'y a pas dans ce domaine de consensus.
- circonstances de survenue: thromboses idiopathiques, thromboses
secondaires
Les circonstances de survenue de la thrombose peuvent être
déterminantes dans le choix de la durée du traitement.
Le consensus de l'ACCP (2) propose une durée de traitement
de six mois en cas de thrombose idiopathique, un travail récent
propose dans ces thromboses idiopathiques, un traitement au long
cours (31). Le problème est la définition du caractère
idiopathique de la thrombose. Les thromboses relevant d'une cause
identifiée réversible (chirurgie, immobilisation,
estrogènothérapie) pourraient être traitées
moins longtemps: six semaines à trois mois (2). Dans les
thromboses veineuses profondes post-chirurgicales, la durée
de traitement pourrait être ramenée à 4 semaines
(32).
- histoire clinique: antécédents de thrombose
La notion de premier épisode ou de récidive est un
critère de choix dans la durée du traitement: dans
une autre étude de Schulman et coll (33), étaient
inclus 277 patients ayant eu au moins un second épisode de
thrombose veineuse profonde des membres inférieurs ou iliaques.
Le traitement initial comportait une héparine de bas poids
moléculaire pendant au moins cinq jours puis un traitement
AVK avec un INR cible entre 2 et 2,85. Le risque de récidive
chez les patients traités six mois a été de
20,7 % alors qu'il était de 2,6 % chez les patients traités
de façon plus prolongée.
Par contre, il y avait une tendance à l'augmentation du risque
hémorragique dans le groupe traité longtemps: 8,6
% pour les traitements longs contre 2,7 % dans les traitements à
six mois; de même il y avait une tendance non significative
à l'augmentation des décès dans le groupe traité
longtemps: 14,4 % contre 8,6 % dans le groupe 6 mois.
- contexte: notion de thrombophilie
L'existence d'un facteur permanent de risque, en particulier d'un
facteur biologique conduit plus souvent à des traitements
prolongés: cancer, syndrome des antiphospholipides, thrombophilie
congénitale (déficit en antithrombine, en protéine
C, en protéine S). Dans ce domaine il n'y a pas de consensus
: la tendance est de ne pas traiter systématiquement les
patients n'ayant pas d'antécédents thrombotiques,
alors que les patients ayant une récidive de thrombose sont
habituellement mis sous traitement antivitamine K à vie.
La difficulté est la décision à prendre chez
des patients ayant une anomalie biologique de type thrombophilie
et un seul épisode de thrombose. Les paramètres cités
précédemment peuvent alors aider au choix.
Pour la résistance à la protéine C activée,
il y a peu d'études permettant de répondre à
la question de durée du traitement. Après un premier
épisode de thrombose veineuse profonde, le risque de récidive
est plus important chez une population porteuse de l'anomalie: risque
relatif 2,4, soit une incidence cumulée de 40% de récidive
à 8 ans (34). Certains, considérant que le risque
hémorragique d'un traitement anticoagulant au long cours
est supérieur au risque de récidive thrombo-embolique,
réfutent le traitement anticoagulant au long cours. La réduction
du risque hémorragique obtenue dans l'étude ISCOAT
(35) est de nature à modifier cette attitude. Ceci montre
qu'un objectif primordial, en matière d'AVK est de réduire
l'incidence des accidents hémorragiques par une meilleure
prise en charge, incluant l'éducation des patients, la qualité
de la surveillance biologique et la formation des praticiens impliqués.
Conclusions et perspectives: l'éducation du patient, la
formation des praticiens, les structures de prise en charge
Pour qu'un traitement anticoagulant oral soit bien conduit et que
le patient suive son traitement, il faut qu'il puisse bénéficier
d'un programme d'éducation. La raison principale est qu'un
patient bien informé a plus de chance d'être dans la
zone d'anticoagulation efficace prédéterminée
et, de ce fait, est moins à risque de complications hémorragiques
et/ou thrombotiques. La pratique des traitements ambulatoires et
le développement des techniques d'auto-contrôle rendent
cette éducation encore plus nécessaire (5). Un programme
d'enseignement structuré comprend une définition des
objectifs, une description du contenu, des moyens d'enseignement
adaptés, une évaluation et une documentation de tout
le processus d'éducation régulièrement mise
à jour. Pour que les objectifs soient réalistes, il
faut qu'ils soient partagés par les soignants et les patients.
Ces objectifs, centrés sur le patient, peuvent être
développés en collaboration avec les associations
de personnes sous anticoagulants, comme il en existe dans certains
pays.
L'enseignement est au mieux dispensé par des équipes
interdisciplinaires telles qu'elles existent au sein des Cliniques
d'Anticoagulants. Une structure de ce type regroupe des médecins,
des infirmières ainsi que des spécialistes de la diététique,
de la pharmacologie, de laboratoire et du comportement (psychologie
et pédagogie). Dans cette structure, un enseignement peut
être élaboré, documenté et évalué.
Une étude récente (36) a comparé les complications
observées chez des patients suivis avec les soins habituels
avec celles constatées dans le cadre d'une Clinique d'Anticoagulants,
où l'éducation du patient a un rôle central.
Les complications thrombotiques ont diminué de 72% et les
complications hémorragiques majeures de 59% dans le groupe
suivi dans une Clinique d'Anticoagulants. Cette approche a permis
de calculer une économie théorique d'environ 1600
US dollars/année/patient. Cependant, il ne faut pas seulement
tenir compte de la diminution des complications et du coût:
la satisfaction du patient est un autre élément essentiel.
Un patient bien informé adhérera mieux à son
traitement.
La mise en place de ces Cliniques d'Anticoagulants, très
développées en Italie et aux Pays-Bas, paraît
difficile en France où quelques expériences ont néanmoins
débuté. Lintroduction de lauto-contrôle
se heurte aussi à des réticences de la part du corps
médical et des biologistes. Néanmoins, ces approches
doivent maintenant être envisagées. L'arrivée
sur le marché de programmes informatisés d'aide à
la prescription d'AVK (PARMA, DAWN) peut apporter une aide extrêmement
intéressante. En fait, quelque soit la structure chargée
de l'éducation et la prise en charge du patient, il est nécessaire
que les enseignants aient reçu eux-mêmes une formation,
la bonne volonté ne suffisant pas.
Ainsi, le concept du traitement anticoagulant doit être revu
puisqu'il ne se limite plus à la prescription et au suivi
du traitement, mais inclut désormais la formation du patient
à la gestion du traitement. Il est donc de plus en plus important
que les médecins, associés à d'autres professionnels
de la santé, s'impliquent dans l'éducation des patients
anticoagulés. Cet enseignement devrait être reconnu,
car ses bénéfices sont démontrés en
terme de santé publique.

Références bibliographiques
1 Barcellona D, Vannini ML, Fenu L, Balestrieri C. Warfarin or acenocoumarol
; which is better in the management of oral anticoagulants ? Thromb
Haemost 1998 ;80:899-902
2 Hirsh J, Dalen JE, Anderson DR, Poller L, Bussey H, Ansell J,
Deykin D, Brandt JT. Oral anticoagulants. Mechanism of action, clinical
effectiveness and optimal therapeutic range. Chest 1998; 114 (Suppl.):
445s-469s
3 Fairweather RB, Ansell J, van den Besselaar AMHP et al. Laboratory
monitoring of oral anticoagulant therapy. Arch Pathol Lab Med 1998;122:768-781
4 Groupe d'Etude sur l'Hémostase et la Thrombose. Les variables
pré-analytiques en hémostase. Recommandations du Groupe
d'Etudes sur l'Hémostase et la Thrombose ( GEHT). Sang Thrombose
Vaisseaux 1998. John Libbey Ed; Paris5
5 Sawicki PT. A structured teaching and self-management program
for patients receiving oral anticoagulation. A randomized controlled
trial. Working Group for the Study of Patient Self-Management of
Oral Anticoagulation. JAMA 1999 ; 281 : 145-50
6 Anderson D, Harrison L, Hirsh J. Evaluation of a portable prothrombin
time monitor for home use by patients who require long-term oral
anticoagulant therapy. Arch Intern Med 1993;153:1441-1447
7 Harrison L, Johnston M, Massicotte P, Crowther M, Moffat K, Hirsh
J. Comparison of 5-mg and 10-mg loading doses in initiation of warfarin
therapy. Ann Intern Med 1997 ;126 :133-136
8 Michelson AD, Bovill E, Monagle P, Andrew M. Antithrombotic therapy
in children. Chest 1998; 114 (Suppl.): 748S-769S
9 Russmann S, Gohlke-Barwolf C, Jahnchen E, Trenk D, Roskamm H.
Age-dependent diferences in the anticoagulant effect of phencoupramon
in patients after heart valve surgery. Eur J Clin Pharmacol 1997;
52: 31-35
10 Hutten BA, Lensing AW, Kraaijenhagen RA, Prins MH. Safety of
treatment with oral anticoagulants in the elderly. A systematic
review. Drugs Aging 1999; 14: 303-312
11 Ginsberg JS, Hirsh J. The use of antithrombotic agents during
pregnancy. Chest 1998; 114 (Suppl.): 524s-530s
12 Oakley CM. Anticoagulation and pregnancy. Eur Heart J 1995; 16:
1317-1319
13 McKenna R, Cole ER, Vasan U. Is warfarin sodium contraindicated
in the lactating mother? J Pediatr 1983; 103: 325-327
14 Cotton F, Sorlin P, Corvilain B, Fockedey JM, Capel P. Interference
with oral anticoagulant treatment by oestrogen- Influence of oestrogen
administration route. Thromb Haemost 1999; 81: 471-472
15 Crowther MA, Donovan D, Harrison L, McGinnis J, Ginsberg J. Low-dose
oral vitamin K reliably reverses over-anticoagulation due to warfarin.
Thromb Haemost 1998; 79: 1116-1118
16 Ortin M, Olalla JI, Marco F, Velasco N. Low-dose vitamin K1 versus
short-term withholding of acenocoumarol in the treatment of excessive
anticoagulation episodes induced by acenocoumarol. Haemostasis 1998;
28: 57-61
17 Fédération Italienne des Cliniques d'Anticoagulant.
Guide sur le traitement anticoagulant par voie orale (traduction
Française):
1ère partie: Sang Thrombose Vaisseaux 1998 ; 10: 291-313
2nde partie: Sang Thrombose Vaisseaux 1998 ; 10: 360-373
18 GEHT. Recommandations. Le traitement des hémorragies.
Les hémorragies associées aux traitements antithrombotiques.
Sang Thrombose Vaisseaux 1995; 7 (Suppl.): 19-30.
19 Makris M, Greaves M, Phillips WS, et al. Emergency oral anticoagulant
reversal: the relative efficacy of infusions of fresh frozen plasma
and clotting factor concentrate on correction of the coagulopathy.
Thromb Haemost 1997; 77: 477-480.
20 Guidelines on oral anticoagulation. Third Edition. Br J Haematol
1998; 101: 374-387
21 Kearon C, Hirsh J. Management of anticoagulation before and after
elective surgery. N Engl J Med 1997; 336: 1506-1511
22 Hirsh J, Dalen JE, Anderson D, Poller L, Bussey H, Ansell JE,
Deykin D, Brandt JT. Oral anticoagulants: mechanism of action, clinical
effectiveness, and optimal therapeutic range. Chest 1998; 114 (Suppl.):
445s - 469s
23 Laupacis A, Albers G, Dalen J, Dunn MI, Jacobson AK, Singer DE.
Antithrombotic therapy in atrial fibrillation. Chest 1998; 114:
579s-589s
24 Dietrich W, Dilthey G, Spannagl M, Richter JA. Warfarin pretreatment
does not lead to increased bleeding tendency during cardiac surgery.
J Thorac Cardiovasc Surg 1995; 9: 250-254
25 Whitling AM, Bussey HI, Lyons RM. Comparing different routes
and doses of phytonadione for reversing excessive anticoagulation.
Arch Intern Med 1998; 158: 2136-40.
26 Kereveur A, Leclercq M, Trossaert M, et al. Vitamin K metabolism
in a patient resistant to vitamin K antagonists. Haemostasis 1997;
27: 168-173
27 Arnstern J, Gelfand J, Singer DE. Determinants of compliance
with anticoagulation: a case-control study. Am J Med 1997; 103:
11-17
28 Hirsh J, Ginsberg JS, Marder VJ. Anticoagulant therapy with coumarin
agents in Hemostasis and Thrombosis: Basic principles and clinical
practice, 3rd edition. Colman RW, Hirsh J, Marder VJ and Salzman
AW Ed. JB Lippincott Comp, Philadelphia 1994: 1567 -1583
29 Levine M, Hirsh J, Gent M, et al. Optimal duration of oral anticoagulant
therapy: a randomised trial comparing four weeks with three months
of warfarin in patients with proximal deep vein thrombosis. Thromb
Haemost 1995; 74: 606-611
30 Schulman S, Rhedin A, Lindmarker P et al. A comparison of six
weeks with six months of oral anticoagulant therapy after a first
episode of venous thromboembolism. New Engl J Med 1995; 332: 1661-1665
31 Kearon C, Gent M, Weitz J, et al. A comparison of three months
of anticoagulation with extended coagulation for a first episode
of idiopathic venous thromboembolism. N Engl J Med 1999; 340: 901-907
32 Research Committee of the British Thoracic Society. Optimum duration
of anticoagulation for deep-vein thrombosis and pulmonary embolism.
Lancet 1992; 340: 873-876
33 Schulman S, Granqvist S, Holmstrom M, et al. The duration of
oral anticoagulant therapy after a second episode of venous thromboembolism.
N Engl J Med 1997; 336: 393-398
34 Simioni P, Prandoni P, Lensing AWA, et al. The risk of recurrent
venous thromboembolism in patients with an Arg506 -> Gln mutation
in the gene for factor V (Factor V Leiden). N Engl J Med 1997; 336:
399-402
35 Palareti G, Leali N, Coccheri S, et al. Bleeding complications
of oral anticoagulant treatment: an inception-cohort, prospective,
collaborative study: (ISCOAT). Lancet 1996; 348: 423-428
36 Chiquette E, Amato MG, Bussey HI. Comparison of an anticoagulation
clinic and usual medical care: anticoagulation control, patient
outcomes and health care costs. Arch Intern Med 1998 ; 158 :1641-7.

Tableau I: Principales
caractéristiques des AVK
|
Nom
|
Demi-vie plasmatique
(heures)
|
Temps de retour à
la normale de la coagulation après arrêt
du traitement (jours)
|
Posologie moyenne
pour un adulte (mg/j)
|
Dose par comprimé
(mg)
|
|
vie
courte
|
|
Sintrom
|
8-9
|
2-3
|
4-8
|
1 ou 4
|
|
Pindione
|
5-10
|
2-4
|
25-100
|
50
|
|
vie
longue
|
|
Apegmone
|
24
|
2-4
|
4-8
|
4
|
|
Previscan
|
30
|
3-4
|
20-40
|
20
|
|
Coumadine
|
35-45
|
4
|
4-10
|
2 ou 5
|
|
Marcoumar
|
72-240
|
7-10
|
3-4
|
1 ou 10
|
|

Tableau III: Quelques médicaments interférant
avec les AVK
|
Médicaments
potentialisateurs
|
Médicaments
Inhibiteurs
|
|
Amiodarone
Anabolisants stéroïdiens
Anti-inflammatoires non stéroïdiens
Antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel, etc.)
Céphalosporines
Cimétidine
Erythromycine
Fibrates
Hormones thyroïdiennes
Isoniazide
Métronidazole
Miconazole (danger++)
Phénylbutazone
Quinidine
Simvastatine
Sulfamides
Sulfinpyrazone
|
Barbituriques
Carbamazépine
Cholestyramine
Griséofulvine
Nafcilline
Oestrogènes
Phénytoïne
Rifampicine
Sucralphate
Vitamine K |
|

Tableau II: Propositions de conduite à tenir en cas
de surdosage en AVK (d'après Hirsh et coll., ref. 2, modifié)
|
Circonstances
|
Conduite à
tenir
|
|
INR <5,
pas de saignement
|
Supprimer
la prochaine prise puis réduire la dose |
| INR
5-9, pas de saignement |
Arrêter
les prises, INR quotidien, et reprendre la thérapeutique
à dose plus faible lorsque l'INR revient dans
la zone thérapeutique
Autre possibilité: 1 à 2 mg de vitamine
K1 per os, supprimer la prochaine prise puis reprendre
à dose plus faible sous contrôle de l'INR
|
| INR
>9, pas de saignement |
2
à 5 mg de vitamine K1 per os, supprimer la prise
suivante puis reprendre à dose plus faible |
| INR
>5 et saignement majeur |
Vitamine
K 10 mg en IV lent et PPSB (Kaskadil®). Vitamine
K selon l'INR ensuite |
|

Tableau IV: Principales causes de résistance aux AVK
|
Mécanisme
|
Situations
|
|
Concentration
sérique insuffisante du médicament
|
Mauvaise
compliance au traitement
Défaut d'absorption du médicament |
| Excès
de vitamine K dans l'organisme |
Traitement
récent par vitamine K1 (>5mg)
Alimentation très déséquilibrée
(rare) |
| Interaction
médicamenteuse |
Patient
polymédicamenté
Automédication
Education insuffisante du patient
(ou du médecin) |
| "Résistance
clinique" (évolutivité malgré
un INR dans la zone thérapeutique) |
INR
non applicable:
anticoagulant lupique
déficit facteur VII, X, V, II
anomalie fibrinogène
INR non valide:
problème préanalytique
erreur de laboratoire
erreur dans transmission des résultats |
|

Variables préanalytiques
Recommandations pour les Prélèvements destinés aux test d'hémostase : 2007
Le groupe de travail coordonné par Catherine Boinot et composé de B. Delahousse, C. Droulle, M.F. Hurtaud, B. Polack et A. Robert a mis à jour les données concernant les variables préanalytiques.
• Recommandations
• Tableaux
Recommandations 1998
• Recommandations
• Tableaux
Les Héparines
• Recommandations
• Tableaux
Les agents Antiplaquettaires
• Recommandations
Les Thrombolytiques
• Recommandations

|