Le Compte-rendu de la réunion du groupe de travail Automatisation

GEHT : GROUPE AUTOMATISATION,
RESUME DE LA SEANCE DU 13 AVRIL 2006
J. ROUSSI, S. MARION.


Le groupe « Automatisation » du Groupe d’Etude sur l’Hémostase et la Thrombose (GEHT) s’est réuni le 13 avril 2006 lors du congrès de Paris organisé par le Pr Marie Claude Guillin à la faculté de Médecine Paris-Bichat. Le programme (modérateurs : Sylvie Marion, Jacqueline Roussi) était constitué de 6 communications reparties en deux thèmes, le choix d'un automate de coagulation et la place du PFA dans l'étude de la résistance à l'aspirine:

I. CHOIX D'UN AUTOMATE

Evaluation de l'automate d'hémostase ACL Top. F.Fischer (Hôpital Cimiez,  Nice).
Les performances techniques de l'ACL Top (IL) ont été testées au CHU de Nice sur des plasmas normaux et pathologiques avec des réactifs de différents fabricants (Diagnostica Stago, Dade Behring, BioMérieux, Hyphen, Chromogenix, IL). Les coefficients de variation (CV) des tests de répétabilité / reproductibilité sur plasmas normaux étaient inférieurs à 5% mais pour le dosage du fibrinogène sur plasma pathologique (technique de Von Clauss) le CV était de 7.8%. Aucune contamination n'a été mise en évidence; la cadence est de 300 TQ à l'heure et de 140/heure pour un bilan associant [TQ, TCA, dosage de fibrinogène, anti Xa et dosage de protéine S]. La comparaison avec l'automate de référence du laboratoire est excellente avec des coefficients de corrélation > 0.9 quelque soit le test sauf pour le dosage de la protéine S (R = 0.8). Au total , il s'agit d'un automate fiable avec des résultats très satisfaisants

Choix d'un automate d'hémostase: ACL top, STAR évolution, BCS. Intérêt du cahier des clauses techniques. L. Abecassis, CHI Robert Ballanger, Aulnay-sous-Bois.
Avant de choisir le nouvel automate du laboratoire, une etude comparative a été faite entre le STAR (Diagnostica Stago), l'ACL Top (IL) et le BCS (Dade Behring) sur plasmas normaux et pathologiques. Les performances techniques de ces 3 automates se sont révélées identiques. Lien Abecassis a insisté sur l'utilité du cahier des clauses techniques (CCTP) réalisé par notre groupe; le CCTP a été suivi pour étudier les caractéristiques informatiques, le traitement et l’identification des échantillons, le traitement et la gestion du milieu réactionnel, le traitement des mesures, l'exploitation des informations, le traitement de la connexion, le coût et SAV, et l'assurance qualité.


II. PLACE DU PFA DANS L'ETUDE DE LA RESISTANCE A L'ASPIRINE:

PFA-100 et aspirine. Etudes in vitro et in vivo. A. Duval, Hôpital Ambroise Paré, Boulogne.
Dans le but de choisir une méthode biologique de détection de la résistance à l'aspirine, une étude in vitro et in vivo a été réalisée en comparant les résultats obtenus avec le PFA-100 et l'agrégation plaquettaire.
In vitro 0.1mM d'aspirine inhibe l'agrégation plaquettaire et le temps d'occlusion CEPI est supérieur à 150 secondes; in vivo, le PFA détecte plus de patients résistants à l'aspirine que l'agrégation. De plus les résultats du temps d'oclusion différent selon la concentration en citrate du prélèvement.

PFA-100 et résistance à l'aspirine. P. Toulon, Hôpital Cimiez,  Nice.
La définition de la résistance à l'aspirine est clinique et biologique. Sur le plan biologique, même s'il n'est pas recommandé de rechercher systématiquement une résistance, les test utilisables sont le dosage du Thromboxane B2, le PFA et l'agrégation plaquettaire. En fonction du test utilisé, le pourcentage de résistance est différent: 5% en agrégation, 10 % en PFA et 60% avec les autres méthodes décrites dans la littérature. De nombreux facteurs interférent jouent sur le temps d'occlusion à commencer par la concentration de citrate de sodium utilisée (3.8% ou 3.2%).

PFA-100 et antiagrégants. B. Boval, Hôpital Lariboisière, Paris
La surveillance biologique des antiagrégants est problématique mais en routine le seul test qu'il est possible d'utiliser à grande échelle est le temps d'occlusion. Cependant ce test ne peut être utilisé pour la surveillance des anti GPIIbIIIa puisque le TO est trop allongé ni pour le Clopidogrel qui ne module pas le TO même avec les cartouches CADP. Seule l’association ASA + Clopidogrel augmente modérément le PFA-100 (CADP) mais non significatif. Par contre, le PFA-100 (CEPI) est un bon test de l’efficacité de traitement à l’ASA. L’augmentation importante des taux de VWF semble être un facteur associé à la résistance à l’aspirine
à l’ASA. De nouveau tests sont développés en particulier le test Accumétrics «Verify now » Verify now aspirin, Verify now IIb / IIIa et le nouveau dispositif spécifique pour les thienopyridines : Verify now P2Y12

Implication du polymorphisme plaquettaire PLA1,A2 et de la résistance biologique à l'aspirine détectée par le PFA-100 chez des patients coronariens. I. Elalamy, Hotel Dieu, Paris
L’incidence de la « résistance » ou d’une « mauvaise réponse » à l’aspirine varie de 5 à 60% selon la méthodologie des études et plusieurs mécanismes ont été proposés pour l'expliquer tel un polymorphisme des glycoprotéines membranaires plaquettaires ou de la cyclo-oxygénase, des interférences médicamenteuses, ou des troubles de l’absorption intestinale.
Le TO (PFA-100) et le polymorphisme PlA1,A2 (biologie moléculaire) ont été déterminés chez 123 patients consécutifs ayant un angor stable, recevant quotidiennement 250 mg d’aspirine et suivis régulièrement sur une période de 8 mois. La « résistance » à l’aspirine a été définie par la mesure du temps d’occlusion au PFA-100 avec des cartouches (N : TO CEPI).
41 patients ont un TO CEPI ≤180 sec  (N≤125 sec ) et sont dits "résistants"; 82 patients ont un TO CEPI >180 sec et sont dits "sensibles". L’allèle PlA1,A1 est retrouvé chez 68% des « résistants » (n = 28) et chez seulement 49% des « sensibles » (n = 40) (?2  = 4,3 ; p<0,05). Ces résultats suggèrent que les sujets PLA1,A1 sont moins sensibles à l’action inhibitrice de l’aspirine évaluée par le PFA-100; le défaut d’allongement du TO pourrait être prédictif d’une récidive ischémique chez les patients coronariens traités par l'aspirine mais ces résultats doivent être confirmés de manière prospective dans une étude élargie.


MARION Sylvie, CHU Paul Brousse, 14 Avenue Paul Vaillant-Couturier, 94804 VILLEJUIF cedex, sylvie.marion@pbr.ap-hop-paris.fr, tel 01 45 59 37 57, fax 01 45 59 37 18
ROUSSI Jacqueline, CHU R. Poincaré, 104 Boulevard Poincaré, 92380 GARCHES, jacqueline.roussi@rpc.ap-hop-paris.fr, tel 01 47 10 79 57, fax 01 47 10 79 53